(Avril 2026)
À La Napoule, certaines formes traversent le temps en changeant de registre, passant du jeu à la sculpture, de l’expérience à l’imaginaire.
Au début du mois d’avril, dans les jardins du Château, les enfants parcouraient les allées à la recherche d’œufs dissimulés dans le paysage. Chercher, observer, découvrir : une manière d’entrer en relation avec le lieu par le mouvement, l’attention et une forme de curiosité instinctive.
Dans ce geste, la forme de l’œuf apparaît d’abord comme une évidence. Simple, familière, presque ludique, et pourtant porteuse d’un imaginaire plus profond.
Chez Henry Clews, cette forme occupe une place singulière. Elle incarne une forme originelle, à la fois contenue et en devenir, qui traverse ses sculptures de manière explicite ou plus diffuse.
Entre jeu et imaginaire sculpté
Ses créatures, oscillant entre figures protectrices et présences plus espiègles, semblent elles aussi habitées par cette tension entre stabilité et transformation. La figure de Spring, avec ses contours arrondis et son apparente simplicité, en offre une expression particulièrement évocatrice.
Entre jeu et sculpture, entre découverte et invention, la forme devient un point de passage, une manière d’habiter le monde autant que de le façonner.
Gestes, matières, transformations
Cette idée de transformation traverse encore aujourd’hui les pratiques qui habitent le Château.
Au début du mois d’avril, les jardins et certaines salles ont accueilli les œuvres réalisées par les élèves des écoles de Mandelieu et Théoule, dans le cadre du Festival des Arts pour les Écoles, dont la thématique cette année, De la nature à l’œuvre, invitait à explorer les liens entre matière, environnement et création.
À travers les ateliers pédagogiques menés par les médiatrices culturelles et une équipe de bénévoles, les élèves ont expérimenté des pigments naturels — curcuma, épinard, spiruline bleue, betterave ou encore chou rouge — transformant des éléments issus du vivant en outils d’expression.
Manipuler, observer, mélanger, laisser apparaître des formes : autant de gestes qui traduisent une expérience directe du passage entre la matière et l’image.
Il y a dans ces pratiques une proximité évidente avec les processus artistiques eux-mêmes : chercher, essayer, ajuster, recommencer. Et parfois, voir apparaître quelque chose d’inattendu.
Circulation des œuvres, circulation des regards
Cette dynamique de transformation et de circulation s’étend également au-delà du site.
En ce mois d’avril, L’Homme au chapeau n°56 de Kosta Alex, œuvre possédée par la Fondation, est présentée dans l’exposition Coup de chapeau, organisée par le musée Granet et la Fondation Planque à la Chapelle des Pénitents Blancs à Aix-en-Provence.
Déplacée, recontextualisée, regardée autrement, l’œuvre poursuit son existence dans un autre espace, au contact d’autres regards. Elle continue de se transformer, non dans sa forme, mais dans les lectures qu’elle suscite.
Ce qui se forme aujourd’hui
Dans les ateliers du Château, une nouvelle résidence canadienne de printemps a débuté au début du mois.
Comme souvent, ce qui s’y joue reste en grande partie invisible. Les œuvres sont encore en cours, les formes hésitent, se cherchent, se déplacent. Mais quelque chose est déjà à l’œuvre.
Des fragments apparaissent, des gestes se répètent, des intuitions se précisent. Un ensemble de processus discrets, qui trouveront un moment de partage à l’occasion de l’Open Studio du 1er mai.
Ce sont ces moments, encore instables, encore ouverts, qui constituent peut-être le cœur le plus vivant du lieu.
Retrouvez notre programmation complète

















