(Mars 2026)
À La Napoule, le printemps ne commence pas seulement avec les premiers bourgeons ou le retour des journées lumineuses. Il s’inscrit dans une histoire plus profonde, celle d’un lieu façonné par une vision : la vision de Marie Clews.
Marie Clews, un printemps qui ne s’éteint jamais
Si les jardins du Château semblent aujourd’hui s’éveiller naturellement à la saison, ils sont en réalité le fruit d’un regard attentif, d’un soin constant et d’une pensée tournée vers l’avenir.
Après la disparition d’Henry Clews, Marie Clews reprend le flambeau avec une détermination remarquable. Dans les années 1940, elle entreprend les démarches pour faire inscrire le Château de La Napoule et ses jardins à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, assurant ainsi la préservation de ce patrimoine singulier.
Mais son geste ne s’arrête pas à la sauvegarde. En 1951, elle fonde la La Napoule Art Foundation, posant les bases d’un projet vivant : faire de ce lieu un espace de création, de transmission et d’accueil pour les artistes du monde entier.
Jardins, mémoire et création
Le printemps offre une clé de lecture particulière pour comprendre l’héritage de Marie Clews. Les jardins qu’elle a imaginés ne sont pas de simples écrins décoratifs : ils incarnent une vision où l’art, la nature et le temps dialoguent en permanence.
Chaque allée, chaque perspective semble pensée comme une invitation à ralentir, à observer, à ressentir. Il y a dans ces jardins une forme de continuité silencieuse, un équilibre entre ce qui a été, ce qui est, et ce qui reste à inventer.
L’exposition Les Jardins de Marie, de l’artiste Cynthia Imogen Hammond, qui s’est achevée au début du mois de mars, prolongeait cette intuition. Elle nous rappelait combien ce lieu est habité, non seulement par son histoire, mais par une sensibilité toujours active.
Une vision du soin et de la transmission
En ce mois qui met à l’honneur les droits des femmes, il nous semble essentiel de remettre en lumière le rôle fondamental de Marie Clews. Son engagement ne relevait pas seulement d’un attachement personnel, mais d’une véritable vision : celle d’un lieu à protéger, à cultiver et à transmettre.
Accueillir des artistes en résidence, préserver un patrimoine, faire dialoguer les disciplines et les générations à travers l’art et la culture : autant d’actions qui témoignent d’une pensée du soin, au sens le plus large.
Un soin porté à la fois au lieu, aux œuvres et aux personnes qui le traversent. Aujourd’hui encore, chaque résidence, chaque exposition, chaque visite s’inscrit dans cette continuité. Le Château de La Napoule reste un espace en mouvement, fidèle à l’élan initié il y a plus de soixante-dix ans.
Un héritage vivant
À l’heure où le printemps s’installe, il serait tentant de voir dans le renouveau des jardins une simple métaphore. Mais à La Napoule, ce renouveau est bien réel.
En ce mois de mars, le Château accueille une nouvelle résidence internationale de printemps. Dans les ateliers, les œuvres prennent forme, les idées se cherchent, les pratiques se croisent. Malgré la discrétion de ces moments de travail, quelque chose s’élabore, lentement, presque silencieusement, dans la continuité de ce que Marie Clews avait imaginé.
Accueillir des artistes, leur offrir un espace pour expérimenter, créer et dialoguer avec le lieu : c’est précisément le cœur de la vision qu’elle a posée en fondant la Napoule Art Foundation en 1951.
Aujourd’hui, ce sont ces gestes, souvent invisibles au premier regard, qui donnent vie au Château. Des instants de recherche, des fragments d’œuvres, des présences au travail, que le public pourra découvrir à l’occasion de l’Open Studio du 27 mars.
Marie Clews n’a pas seulement préservé un lieu : elle a ouvert un espace de possibles.
Et chaque printemps en révèle de nouvelles formes.









