(27 mars 2026)
Le 27 mars dernier, le Château de La Napoule ouvrait ses ateliers au public à l’occasion de l’Open Studio de la résidence internationale de printemps.
Pensée comme un parcours à travers les espaces du Château, la soirée invitait à découvrir des pratiques en cours d’élaboration, à la croisée de récits intimes, de recherches formelles et de dialogues avec le lieu.
Jamal Ouazzani : souffle, langage et résistance
La soirée s’ouvrait dans la grande salle à manger avec une lecture de Jamal Ouazzani, qui donnait à entendre des extraits de son recueil Feux de joie.
Sa pratique poétique s’inscrit dans une recherche autour du souffle, envisagé comme espace à la fois vital, politique et contraint. À travers son projet Pneumapoetics, il interroge les conditions mêmes de la respiration, entre oppression, empêchement et nécessité d’expression.
Dans son atelier, il proposait une expérience immersive : un espace volontairement resserré, où le port du masque, la présence d’odeurs et la texture du sol participaient à créer une sensation d’inconfort. Les visiteurs étaient invités à traverser cet espace comme une expérience physique de la contrainte, avant de laisser une trace écrite de leur ressenti. La soirée se clôturait par une nouvelle lecture, dans un geste circulaire où la parole venait à nouveau ouvrir un espace de partage.
Maya Seas : paysages habités et récits d’identité
Maya Seas présentait une série de peintures réalisées durant sa résidence, nourries par les paysages méditerranéens et côtiers explorés à La Napoule.
Ses compositions mêlent figures et environnements, construisant des scènes où se déploient des récits liés à l’identité, à l’exil et aux dynamiques familiales. Les personnages, souvent intégrés à des espaces ouverts et lumineux, semblent à la fois ancrés dans un territoire et traversés par des histoires en mouvement.
Jennifer Jones : textiles, mémoire et gestes hérités
À travers la couture et la broderie, Jennifer Jones développe une pratique ancrée dans la mémoire et le rapport au temps.
En travaillant à partir de tissus récupérés — vêtements, textiles domestiques, mobilier — elle compose des formes où se superposent souvenirs personnels et héritages familiaux. Le geste textile devient ici un outil de narration, mais aussi un espace de réflexion sur les rôles assignés, en particulier ceux liés aux femmes.
Kate Bae : archives, matière et seuil
Dans un espace situé entre la crypte et la salle des âmes, Kate Bae présentait une installation sculpturale immersive.
À partir d’images d’archives, notamment celles de Marie Clews, elle a élaboré une forme suspendue, réalisée à partir de papier fabriqué à la main et d’images transférées. L’installation, à la fois fragile et monumentale, évoque un passage, un seuil entre différentes temporalités.
Shagha Ariannia : racines, satire et déplacement
Le travail de Shagha Ariannia articule peinture, dessin et réflexion critique.
En poursuivant son projet autour d’Ubu Roi, elle développe une lecture satirique des dynamiques politiques contemporaines, tout en ancrant sa recherche dans des motifs végétaux. Les racines deviennent ainsi une métaphore des origines, des déplacements et des tensions identitaires.
Anne-Laure Cano : corps, contrainte et mémoire du geste
Anne-Laure Cano présentait une installation textile composée de tissus récupérés, transformés par des gestes de torsion, de nouage et de contrainte.
Inspiré par la figure des lavandières, son travail interroge les gestes répétitifs, les formes de labeur invisibilisées et les traces laissées sur les corps. Les matériaux, parfois marqués ou altérés, deviennent porteurs d’une mémoire physique et sociale.
Taha Ahmad : fiction, archive et mystique
À travers une vidéo construite à partir d’images d’archives, Taha Ahmad proposait une relecture du Château.
Son projet imagine le retour d’Henry Clews sous une forme fantasmagorique, dans un univers peuplé de figures hybrides et de références mystiques. L’œuvre joue avec les frontières entre histoire et fiction, réactivant l’imaginaire du lieu.
Wendy Chen : traduire, traverser, faire résonner
Dans les jardins du Château, Wendy Chen proposait une lecture de ses traductions de la poétesse Li Qingzhao.
Son travail explore la traduction comme un espace de transformation et de résonance, où les voix du passé rencontrent une écriture contemporaine. À travers cette lecture, le paysage devenait lui-même un espace d’écoute.
Yang Zhang : composition et espace sonore
Yang Zhang présentait une pièce sonore composée durant sa résidence.
En s’inspirant directement du Château, elle propose une transposition du lieu en matière sonore, où architecture et perception deviennent des éléments de composition.
Sukanya Deb : horizon, regard et construction du paysage
Sukanya Deb développait une recherche photographique autour de la ligne d’horizon, inspirée notamment par les paysages du XIXe siècle.
Son installation proposait un parcours visuel à travers le Château, où la répétition des cadrages et l’ouverture vers la mer construisent une expérience progressive du paysage.
Un moment partagé
La soirée s’est conclue dans la grande salle à manger autour d’un buffet convivial, prolongeant les échanges entre artistes et visiteurs.
Pendant quelques heures, l’Open Studio a offert un aperçu sensible et vivant des pratiques en cours, entre expérimentation, recherche et rencontre.










































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