(Juin 2026)
Le Château de La Napoule est souvent associé à ses tours, ses jardins ou à la vue qu’il offre sur la Méditerranée. Pourtant, son histoire ne se limite pas à un lieu.
Chaque résidence, chaque rencontre, chaque exposition laisse derrière elle des traces qui continuent de circuler bien après le départ des artistes ou la fermeture des ateliers. Certaines prennent la forme d’œuvres, d’autres de récits, de souvenirs ou de nouvelles collaborations.
En ce début d’été, plusieurs événements nous rappellent que l’esprit du Château voyage bien au-delà de ses murs.
Deux anciennes résidentes à Nuit Blanche
Le 6 juin dernier, deux anciennes artistes en résidence à La Napoule Art Foundation participaient à la nouvelle édition de Nuit Blanche à Paris.
À l’Église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, Eugénie Foucaud présentait Vestiges, une installation immersive explorant les liens entre mémoire, nature et sacré. Soutenue par La Napoule Art Foundation dans le cadre de ce projet, l’artiste poursuit une recherche autour de la fragilité des écosystèmes et des formes de résilience du vivant.
Quelques kilomètres plus loin, à l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois, Agathe Roger investissait la nef avec Polymorphe I, une installation monumentale composée de près de 160 mètres de papier de soie. Déployée de l’autel jusqu’au cœur de l’église, cette œuvre transformait l’architecture en un paysage sensible, évoquant l’eau, le souffle et les liens invisibles qui unissent les êtres.
Voir deux anciennes résidentes investir des lieux emblématiques de la capitale rappelle combien les projets développés au Château continuent de se déployer bien après leur passage à La Napoule.
Écouter le vivant
Le 21 juin, à l’occasion de la Fête de la Musique et du solstice d’été, le Château accueillait une nouvelle rencontre imaginée avec l’association ALIVE!.
Tout au long de l’après-midi, les participant·es ont été invité·es à ralentir le rythme et à porter attention aux sons qui les entourent : une voix lyrique résonnant dans les jardins, des compositions musicales réinterprétées, des poèmes inspirés du chant des oiseaux ou simplement le bruissement du vent dans les arbres.
À travers cette déambulation artistique, une même question traversait les différentes interventions :
Comment réapprendre à écouter ?
Écouter une voix. Écouter un paysage. Écouter les présences discrètes qui habitent un lieu.
Une invitation à considérer le Château non seulement comme un espace patrimonial ou artistique, mais aussi comme un écosystème vivant où se rencontrent création contemporaine, mémoire et nature.
Marie Clews à Mougins
Le 24 juin, le FAMM — Femmes Artistes du Musée de Mougins organisait au Centre d’art de Mougins une conférence consacrée à Marie Clews, figure fondatrice du Château de La Napoule et de La Napoule Art Foundation. Animée par Nelcy Mercier, directrice des opérations de la Fondation en France, cette rencontre a fait salle comble.
Plus qu’un simple retour historique, la conférence invitait à redécouvrir une femme d’une étonnante modernité. Malgré les épreuves qui ont jalonné son existence — un divorce mal accepté à son époque, la séparation d’avec ses enfants, deux guerres mondiales ou encore la disparition brutale de son époux Henry Clews —, Marie Clews poursuivit avec une détermination remarquable le projet qu’ils avaient imaginé ensemble, avant de lui donner une nouvelle dimension en fondant La Napoule Art Foundation au début des années 1950.
Son parcours rappelle aussi la vision profondément humaniste qui continue d’animer la Fondation : faire de l’art un langage universel, capable de créer des liens entre les personnes, les cultures et les générations. Plus de soixante-dix ans après sa création, cet héritage continue d’inspirer les résidences, les expositions et les projets portés au Château de La Napoule.
Nourrir les regards
Quelques jours avant l’ouverture de Mise en abyme, les équipes de La Napoule Art Foundation ont été accueillies à l’Espace de l’Art Concret (EAC) de Mouans-Sartoux pour une journée de découverte et d’échanges, prolongeant une première rencontre organisée quelques semaines plus tôt au Château de La Napoule.
Réunissant des collaborateur·ices issu·es de tous les métiers de la Fondation, cette visite a permis de découvrir les expositions, les réserves, les espaces pédagogiques et les dispositifs de médiation de l’EAC, tout en favorisant les échanges autour des pratiques professionnelles.
Au-delà de la découverte d’une autre institution, cette journée rappelait qu’accueillir des artistes, concevoir une exposition, préserver des collections, entretenir un lieu patrimonial ou accompagner les publics participent d’un même projet culturel. Ces temps de partage nourrissent une culture commune et renforcent les liens entre les personnes qui font vivre les institutions au quotidien.
Parce qu’une institution artistique reste vivante lorsqu’elle continue elle-même à apprendre, à expérimenter et à regarder ailleurs.
Des échos qui continuent de circuler
Qu’il s’agisse d’anciennes résidentes investissant de nouveaux espaces de création, d’une invitation à écouter autrement le vivant, d’une conférence faisant rayonner l’héritage de Marie Clews ou d’une rencontre entre professionnel·es de la culture, chacun de ces moments prolonge, à sa manière, les conversations initiées au Château de La Napoule.
Ils rappellent que la vocation de la Fondation n’a jamais été de se refermer sur elle-même, mais de demeurer un lieu de rencontres, de transmission et de circulation des idées.
Alors que la prochaine exposition, Mise en abyme, prend actuellement forme dans la Galerie Blanche, ces échos du mois de juin témoignent d’une même dynamique : celle d’un lieu où artistes, œuvres, visiteurs et équipes continuent d’inventer de nouvelles façons de créer, d’apprendre et de partager, bien au-delà des murs du Château.
Retrouvez notre programmation complète




























![2_QD-LNAF [web] (Kaitlyn & Erin)](https://www.lnaf.org/wp-content/uploads/2026/06/2_QD-LNAF-web-Kaitlyn-Erin-600x400.png)
![3_QD-LNAF [web] (Kaitlyn & Erin)](https://www.lnaf.org/wp-content/uploads/2026/06/3_QD-LNAF-web-Kaitlyn-Erin-600x400.png)
